Permaculture
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Permaculture
Salut à tous,
En lisant les post de luxferrrare, je me suis rendu compte qu'on avait parlé de tout (brf, semences etc) sauf de permaculture.
wikipédia
2 vidéos expliquant l'état des sols:
Extrait d'Alerte à babylone
Conférence de Claude Bourguignon sur l'agriculture durable et la gestion des sols
J'invite les connaisseurs à donner leur avis sur ces techniques de culture.
En lisant les post de luxferrrare, je me suis rendu compte qu'on avait parlé de tout (brf, semences etc) sauf de permaculture.
La permaculture est un ensemble de pratiques et de mode de pensée visant à créer une production agricole soutenable, très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant...) et respectueux des êtres vivants et de leurs relations réciproques. Elle vise à créer un écosystème productif en nourriture ainsi qu'en d'autres ressources utiles, tout en laissant à la nature "sauvage" le plus de place possible.
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2 vidéos expliquant l'état des sols:
Extrait d'Alerte à babylone
Conférence de Claude Bourguignon sur l'agriculture durable et la gestion des sols
J'invite les connaisseurs à donner leur avis sur ces techniques de culture.
Dernière édition par ipphy le Ven 30 Mai - 11:03:33, édité 1 fois

ipphy- Membre Premium
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Re: Permaculture
luxferrrare a écrit:Quant à la permaculture,
il ne s'agit pour l'instant que d'une initiation à T&H, selon moi.
Nous allons faire nos stages pratiques en permaculture et biodynamie,
ce qui sera probablement plus formateur ! D'ailleurs, je commence à me
dire, Jocelyn, que peut-être, si tu sais lire l'anglais dans le texte
et que tu semble en savoir pas mal, tu pourrais partager tes infos ?..
OK, mais je pense que ma réponse risque de surprendre un peu : je vais commencer par vous parler de la certification en permaculture. Il existe une certification en permaculture, qui est reconnue internationalement. On peut se demander quel est l'intérêt. En fait cette certification a été mise en place par les fondateurs, car ils se rendaient compte que le mot permaculture était détourné, et utilisé à toutes les sauces. C'est en effet ce que j'ai l'impression de constater dans le milieu francophone, mais je peux me tromper, je me base uniquement sur ce que j'ai pu lire et entendre ça et là.
Pour ma part j'ai un certificat de conception en permaculture ("Permaculture Design"), obtenu (dans un pays anglo-saxon) auprès de profs eux mêmes certifiés pour enseigner.
Par contre il ne faut pas s'y tromper, j'ai peu d'expérience, et le stage durait seulement 3 semaines (15 jours pour la permaculture, et 1 semaine pour la construction "avec la nature" (building with nature)).
Cependant j'ai appris, je pense, quels étaient les objectifs et état d'esprit de la permaculture, et la façon de procéder (design).
Comme j'ai rajouté sur wikipedia, selon moi : La permaculture emprunte des techniques à de nombreux domaines, mais cela est accessoire. En effet, c'est l'approche et l'état d'esprit qui définissent la permaculture, et non les techniques employées.
Bien sûr, la permaculture est favorable à toutes les techniques qui respectent l'environnement, mais la permaculture est avant tout une façon de procéder, pas une collection de techniques.
Indiquer ce qu'est la permaculture est difficile, car le sujet est tellement vaste que tout tentative de définition se révèle souvent incomplète.
Je vais cependant tenter d'en donner une approche (personnelle) dans un autre post un peu plus tard.

Jocelyn- Membre Premium
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Re: Permaculture
ipphy a écrit:J'invite les connaisseurs à donner leur avis sur ces techniques de culture.
Argh... La permacuture ne se restreint pas à des techniques agricoles.
En effet, c'est l'approche et l'état d'esprit qui définissent la permaculture, et non les techniques employées.
Exact !

Canis Lupus- Membre fondateur
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Re: Permaculture
La permaculture à été créée dans les années 70.
Les fondateurs s'étaient interrogés, suite à la crise pétrolière de 1973, pour remettre en question certains principes utilisés en agriculture. Et puis l'idée d'agriculture s'est transformée en culture, au sens général, pour s'interroger non seulement sur les moyens de production agricoles, mais sur nos modes de vie en général.
Le principe de base de la permaculture est le suivant : nous sommes responsables des conséquences de notre existence sur Terre (et de l'existence de nos enfants), agissons en connaissance de cause, et de façon responsable.
La permaculture se focalise au principalement sur le lieu de vie ou d'activité, en prenant en compte les habitants et l'environnement. Elle s'applique à tous types de lieux, mais c’est en prenant l’exemple de la propriété de type maison plus terrain que l’explication est la plus facile. On pourrait considérer que l’application à une exploitation agraire ou forestière, ou à une communauté, constitue une application avancée.
Les trois axes principaux sont observation, analyse et organisation.
L'observation est primordiale car elle est à la base de toutes les décisions qui seront prises. Un manque d'observation, c'est ensuite des choix mal informés.
L'observation du lieu tout d'abord, et de ses nombreux indices : orientation, exposition aux éléments, spécificités de terrain, végétation, animaux, habitants...
L'observation et l’analyse permettent de définir les interactions entre les différents éléments du lieu (animaux et végétation et sol et intempéries...)
L’analyse et l’organisation permettent d’ajouter ou d’enlever des éléments, les réorganiser, créer et changer des interactions.
Pour simplifier, voici quelques exemples pris séparément, mais ils doivent normalement s’inscrire dans une étude complète du lieu et être liés aux autres éléments.
Exemple :
1) Observation : J’observe des traces de ruissèlement à flan de colline, qui révèlent une érosion du sol.
2) Analyse : C’est une nuisance, car cela endommage le relief et appauvrit le sol. Je vais transformer cette nuisance en avantage
3) Organisation : je vais planter des rangs de culture horizontalement sur le lieu de ruissèlement, pour collecter l’eau, qui non seulement ne créera plus d’érosion, mais irriguera les plantes. En fait les rangs ne sont pas horizontaux, mais légèrement en zig-zag pour permettre l’écoulement d’un rang à l’autre. Je fais attention à ce que l’eau de ruissèlement ne soit pas complètement absorbée, pour continuer à irriguer ce qui poussait au pied du versant.
Autre exemple :
1) Observation : J’observe un vent dominant gênant à un endroit du terrain (sur une terrasse par exemple).
2) Analyse : Je vais trouver un moyen naturel de rompre ce flux d’air, tout en apportant des avantages supplémentaires. En travaillant à une échelle plus importante (groupe d’arbres, flux d'air massif), au lieu de rompre ce flux d’air j’aurai pu décider de le canaliser pour favoriser une éolienne par exemple.
3) Organisation : je vais planter une haie, qui servira à rompre le flux d’air, apportera de l’intimité, mais qui apportera aussi du branchage pour la technique du bois raméal fragmenté, et favorisera la richesse de vie naturelle propre aux « effets de bords » (transition d’un type de terrain à un autre, ici matérialisé par la haie).
Mais ce que je ne dis pas dans ces exemples, c'est que je ne suis pas arrivé à ces choix par hasard. En effet, des principes de base aident à optimiser l’ensemble, tout en restant dans l’éthique d’origine. (Il en existe une liste très connue, mais qui n'est pas figée.)
De plus, certaines méthodes très importantes, dont il faudrait parler, sont couramment utilisées pout aider à ces processus de conception : le découpage en secteurs, en zones, les strates horizontales...
Ainsi les exemples donnés ci-dessus sont normalement intégrés dans une réflexion globale concernant le terrain (positionnement des différentes cultures, des stocks, des plans d’eau, des zones de passage, d’activité, prévention des risques naturels...).
Ensuite, on pourait parler des disciplines suivantes, qui sont couramment utilisées en permaculture : théorie des systèmes (interactions, rétroactions, contraintes...), dynamique des flux (air, humidité, feu, mouvements de terrain), en plus, bien entendu, de toutes les sciences de la terre... et bien d'autres.
Il faut enfin étendre tout ce qui précède aux systèmes sociaux, les habitants étant intégrés dans l’étude du lieu.
Les fondateurs s'étaient interrogés, suite à la crise pétrolière de 1973, pour remettre en question certains principes utilisés en agriculture. Et puis l'idée d'agriculture s'est transformée en culture, au sens général, pour s'interroger non seulement sur les moyens de production agricoles, mais sur nos modes de vie en général.
Le principe de base de la permaculture est le suivant : nous sommes responsables des conséquences de notre existence sur Terre (et de l'existence de nos enfants), agissons en connaissance de cause, et de façon responsable.
La permaculture se focalise au principalement sur le lieu de vie ou d'activité, en prenant en compte les habitants et l'environnement. Elle s'applique à tous types de lieux, mais c’est en prenant l’exemple de la propriété de type maison plus terrain que l’explication est la plus facile. On pourrait considérer que l’application à une exploitation agraire ou forestière, ou à une communauté, constitue une application avancée.
Les trois axes principaux sont observation, analyse et organisation.
L'observation est primordiale car elle est à la base de toutes les décisions qui seront prises. Un manque d'observation, c'est ensuite des choix mal informés.
L'observation du lieu tout d'abord, et de ses nombreux indices : orientation, exposition aux éléments, spécificités de terrain, végétation, animaux, habitants...
L'observation et l’analyse permettent de définir les interactions entre les différents éléments du lieu (animaux et végétation et sol et intempéries...)
L’analyse et l’organisation permettent d’ajouter ou d’enlever des éléments, les réorganiser, créer et changer des interactions.
Pour simplifier, voici quelques exemples pris séparément, mais ils doivent normalement s’inscrire dans une étude complète du lieu et être liés aux autres éléments.
Exemple :
1) Observation : J’observe des traces de ruissèlement à flan de colline, qui révèlent une érosion du sol.
2) Analyse : C’est une nuisance, car cela endommage le relief et appauvrit le sol. Je vais transformer cette nuisance en avantage
3) Organisation : je vais planter des rangs de culture horizontalement sur le lieu de ruissèlement, pour collecter l’eau, qui non seulement ne créera plus d’érosion, mais irriguera les plantes. En fait les rangs ne sont pas horizontaux, mais légèrement en zig-zag pour permettre l’écoulement d’un rang à l’autre. Je fais attention à ce que l’eau de ruissèlement ne soit pas complètement absorbée, pour continuer à irriguer ce qui poussait au pied du versant.
Autre exemple :
1) Observation : J’observe un vent dominant gênant à un endroit du terrain (sur une terrasse par exemple).
2) Analyse : Je vais trouver un moyen naturel de rompre ce flux d’air, tout en apportant des avantages supplémentaires. En travaillant à une échelle plus importante (groupe d’arbres, flux d'air massif), au lieu de rompre ce flux d’air j’aurai pu décider de le canaliser pour favoriser une éolienne par exemple.
3) Organisation : je vais planter une haie, qui servira à rompre le flux d’air, apportera de l’intimité, mais qui apportera aussi du branchage pour la technique du bois raméal fragmenté, et favorisera la richesse de vie naturelle propre aux « effets de bords » (transition d’un type de terrain à un autre, ici matérialisé par la haie).
Mais ce que je ne dis pas dans ces exemples, c'est que je ne suis pas arrivé à ces choix par hasard. En effet, des principes de base aident à optimiser l’ensemble, tout en restant dans l’éthique d’origine. (Il en existe une liste très connue, mais qui n'est pas figée.)
De plus, certaines méthodes très importantes, dont il faudrait parler, sont couramment utilisées pout aider à ces processus de conception : le découpage en secteurs, en zones, les strates horizontales...
Ainsi les exemples donnés ci-dessus sont normalement intégrés dans une réflexion globale concernant le terrain (positionnement des différentes cultures, des stocks, des plans d’eau, des zones de passage, d’activité, prévention des risques naturels...).
Ensuite, on pourait parler des disciplines suivantes, qui sont couramment utilisées en permaculture : théorie des systèmes (interactions, rétroactions, contraintes...), dynamique des flux (air, humidité, feu, mouvements de terrain), en plus, bien entendu, de toutes les sciences de la terre... et bien d'autres.
Il faut enfin étendre tout ce qui précède aux systèmes sociaux, les habitants étant intégrés dans l’étude du lieu.

Jocelyn- Membre Premium
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Re: Permaculture
Ouais ! Vas-y ! Fais péter tes cours !
euh..
Je la refais...
Jocelyn, aurais-tu l'amabilité de partager avec nous un résumé de tes 3 semaines de cours ?
Tiens un petit exercice de révision :
Soit un jardinet de 100 m² plus ou moins rectangulaire, les faces les plus grandes orientées nord/sud.
Soit à 6m au sud une nationale qui puir et 20m à l'est une station essence
.
Soit un hangar à l'ouest et des champs au nord.
Pas mal de limaces oranges, terre noire et qui sent bon pourtant, assez humique, un noisetier au sud à côté de 2 rosiers, ciboulette, sauge, thym ; buisson de framboisiers au nord, un pied d'artichaud qui a bien repris au centre/est. Végétation iinstallée : graminées, herbe dont je ne sais pas le nom mais qui s'accroche aux vêtements (par les feuilles et la tige), un peu de liseron au sud.
La petite jardinière à envie de jardiner, mais se dit que bon, elle ne souhaite pas se suicider aux tomates sauce benzène/microparticules. Par contre, elle a des sachets de graines un peu vieux et se dit qu'elle va renouveler son stock et s'entraîner à la pratique des porte-graines.
Elle tresse les hautes herbes de sa petite friche dans le grillage au sud avec aussi les liserons, pour s'isoler un minimum de la route et plante des grimpantes (et bientôt des tournesols) et autres nigelles et lin.
Elle récupère l'eau du toit du hangar.
Elle fait son tas de compost au nord/ouest contre le hangar et sous un arbuste. Un tas d'herbes fauchées sur la friche sèche à côté.
Elle fait sa butte au centre, protégée au nord par un buisson de framboisiers et à l'est par une petite serre en plastique de récupération ; elle a fait sa butte, l'a laissée découverte, a attendu quelques jours de pluie et de soleil que les adventices repoussent, puis les a sauvagement arrachés
Elle va semer, planter ses plants de tomate, concombre et salades à couper qu'elle dorlote sur son bureau derrière sa fenêtre, puis pailler la motié de la butte et BRFer le reste, juste pour comparer.
Bon, en gros :
- j'ai fait des erreurs ?
- des idées de plantes pour dépolluer le sol ?
- des suggestions ?
Merci d'avance !
euh..
Jocelyn, aurais-tu l'amabilité de partager avec nous un résumé de tes 3 semaines de cours ?
Tiens un petit exercice de révision :
Soit un jardinet de 100 m² plus ou moins rectangulaire, les faces les plus grandes orientées nord/sud.
Soit à 6m au sud une nationale qui puir et 20m à l'est une station essence
.Soit un hangar à l'ouest et des champs au nord.
Pas mal de limaces oranges, terre noire et qui sent bon pourtant, assez humique, un noisetier au sud à côté de 2 rosiers, ciboulette, sauge, thym ; buisson de framboisiers au nord, un pied d'artichaud qui a bien repris au centre/est. Végétation iinstallée : graminées, herbe dont je ne sais pas le nom mais qui s'accroche aux vêtements (par les feuilles et la tige), un peu de liseron au sud.
La petite jardinière à envie de jardiner, mais se dit que bon, elle ne souhaite pas se suicider aux tomates sauce benzène/microparticules. Par contre, elle a des sachets de graines un peu vieux et se dit qu'elle va renouveler son stock et s'entraîner à la pratique des porte-graines.
Elle tresse les hautes herbes de sa petite friche dans le grillage au sud avec aussi les liserons, pour s'isoler un minimum de la route et plante des grimpantes (et bientôt des tournesols) et autres nigelles et lin.
Elle récupère l'eau du toit du hangar.
Elle fait son tas de compost au nord/ouest contre le hangar et sous un arbuste. Un tas d'herbes fauchées sur la friche sèche à côté.
Elle fait sa butte au centre, protégée au nord par un buisson de framboisiers et à l'est par une petite serre en plastique de récupération ; elle a fait sa butte, l'a laissée découverte, a attendu quelques jours de pluie et de soleil que les adventices repoussent, puis les a sauvagement arrachés
Elle va semer, planter ses plants de tomate, concombre et salades à couper qu'elle dorlote sur son bureau derrière sa fenêtre, puis pailler la motié de la butte et BRFer le reste, juste pour comparer.
Bon, en gros :
- j'ai fait des erreurs ?
- des idées de plantes pour dépolluer le sol ?
- des suggestions ?
Merci d'avance !

luxferrrare- Modérator
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Re: Permaculture
luxferrrare a écrit:Jocelyn, aurais-tu l'amabilité de partager avec nous un résumé de tes 3 semaines de cours ?
Heu je voudrais bien, mais 3 semaines de notes prises chaque jours...
J'essaie de faire un site web pour ça, mais pour l'instant il y a pas grand chose, ça demande du temps.
Tiens un petit exercice de révision :
Pas évident sans une observation visuelle.
Sinon, commence par dessiner un plan de ton terrain sur une grande feuille de papier (ça n'a pas besoin d'être parfaitement exact).
Ensuite tu fais des fleches pour les flux entrant et sortants de type ensoleillement, vent dominant, pente... et nuisances extérieures dont tu as parlé.
N'hésite pas à utiliser plein de couleurs, c'est plus visuel.
Cela te donne des repères pour la suite.
Ca permet de voir ou positionner des haies (en fonction du vent et des nuisances), biens plus efficaces que des herbes hautes.
Normalement il y a un découpage du terrain en zones à faire, mais sur 100m2 tu n'as quasiment que la zone 1 (où tu vas plusieurs fois par jour).
L'idée dans un premier temps est de prévoir tes trajets sur ta parcelle au plus efficace. Mets les choses qui vont ensemble côte à côte.
Il faut aussi que tu te renseignes sur les association de plantes. Ca les rend plus vigoureuses, et ça évite aussi les nuisibles. Par exemple, pieds de basilic entre les tomates, qui éloigne les nuisible et améliore encore le goût au tomates. Ail entre les fraisiers. Sauge pour les plantes sensibles aux pucerons. En intercalant aussi des plantes fixatrice d'azote. La plate-bandes mixtes sont aussi plus résitantes car les maladies et les nuisibles se propages moins rapidement, et les nuisibles on plus de difficulter à "cibler" une plante. Pour les limaces il y a pas mal d'astuces qui se trouvent facilement, mais ça ne rentre pas dans le domaine de la permaculture, sauf si c'est pour "cumuler les fonctions", par exemple se débarrasser des limaces tout en nourissant les poules (faire d'une pierre deux coups).
Concernant ce dernier point, il faut essayer de faire en sorte qu'un élément remplisse plusieurs fonctions, et qu'une fonction soit remplie par plusieurs éléments. (Je reviendrai là dessus dans un autre post.)
En permaculture on dit souvent qu'on cultive du sol plutôt que cultiver les plantes.
Pour la décontamination, il faut créer de l'humus (le BRF aide beaucoup), les mycéliums et les bactéries se chargeront du reste (capables de décomposer de nombreux éléments chimiques, y compris les hydrocarbures). (Les plantes c'est surtout pour décontaminer l'eau.)
Mais ne mange pas les champignons s'il y a des métaux lourds dans ton sol (le "champignon" est le "fruit" du mycélimum, c'est là que les métaux lourds se concentrent).
Sinon, si tu manges des produits frais, et que tu as pas mal de déchets de cuisine, tu peux aussi t'intéresser au compost chaud et à la lombriculture.
[/quote]

Jocelyn- Membre Premium
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Re: Permaculture
J'ai moi moi aussi le "Permaculture Design Certificate", passé en Ecosse. Il est vrai que la permaculture est très mal comprise en France, et systématiquement ramenée à des techniques agricoles (voire de jardinage), telles que le paillage et le non-labour (ou plutôt non-bêchage). La faute à certains pionniers de la permaculture en France qui ont propagé une image personnelle et fondamentalement tronquée de cette approche, en ruinant ainsi la possibilité d'un mouvement qui est devenu énorme dans le monde anglo-saxon mais est resté confidentiel, bizzare, soixante-huitard et écolo-furieux en France.
Le meilleure définition, pour moi, c'est "Permaculture is a method for designing sustainable human settlements". Phrase très difficile à traduire de façon aussi concise et élégante : "la permaculture est une méthode permettant de concevoir des implantations humaines durables".
La permaculture, c'est vraiment une méthode d'analyse et de design. On prend une situation, ou un problème, et on l'analyse en termes d'entrées-sorties, de zonage, de cycles, de durabilité, etc. Les techniques préconisées à l'issue de cette analyse ne sont pas spécifiques à la permaculture. Or, c'est la confusion la plus fréquente que de réduire la permaculture à un catalogue de techniques "permaculturistes" !
Une autre excellente définition : "permaculture is about closing cycles". Difficile à traduire aussi. "La permaculture consiste à boucler des cycles".
Exemple :
problème : vous avez l'eau de la ville, vous la polluez par vos produits ménagers et d'hygiène chimiques, par votre machine à laver et votre lessive chimique, et vos toilettes, et vous balancez le tout dans les égouts. Circulation linéaire, le cycle n'est pas fermé. Vous transférez le problème plus loin. Pas bon
Solution permaculturiste :
1) Vous avez des toilettes à compost, dont le produit va au jardin, et vous mangez les produits du jardin. Cycle fermé. Bon.
2) Vos eaux usées (hors toilettes) vont dans une phytoépuration avec lit de roseaux et mare. Cette eau est utilisée pour arroser les légumes du jardin, que vous mangez. Cycle fermé (pas totalement : input d'eau propre pour les usages ménagers). C'est mieux si vous récupérez l'eau de pluie pour vos usages doemstiques (après filtration) : même si c'est un input, il est naturel et gratuit. Bon.
Le meilleure définition, pour moi, c'est "Permaculture is a method for designing sustainable human settlements". Phrase très difficile à traduire de façon aussi concise et élégante : "la permaculture est une méthode permettant de concevoir des implantations humaines durables".
La permaculture, c'est vraiment une méthode d'analyse et de design. On prend une situation, ou un problème, et on l'analyse en termes d'entrées-sorties, de zonage, de cycles, de durabilité, etc. Les techniques préconisées à l'issue de cette analyse ne sont pas spécifiques à la permaculture. Or, c'est la confusion la plus fréquente que de réduire la permaculture à un catalogue de techniques "permaculturistes" !
Une autre excellente définition : "permaculture is about closing cycles". Difficile à traduire aussi. "La permaculture consiste à boucler des cycles".
Exemple :
problème : vous avez l'eau de la ville, vous la polluez par vos produits ménagers et d'hygiène chimiques, par votre machine à laver et votre lessive chimique, et vos toilettes, et vous balancez le tout dans les égouts. Circulation linéaire, le cycle n'est pas fermé. Vous transférez le problème plus loin. Pas bon
Solution permaculturiste :
1) Vous avez des toilettes à compost, dont le produit va au jardin, et vous mangez les produits du jardin. Cycle fermé. Bon.
2) Vos eaux usées (hors toilettes) vont dans une phytoépuration avec lit de roseaux et mare. Cette eau est utilisée pour arroser les légumes du jardin, que vous mangez. Cycle fermé (pas totalement : input d'eau propre pour les usages ménagers). C'est mieux si vous récupérez l'eau de pluie pour vos usages doemstiques (après filtration) : même si c'est un input, il est naturel et gratuit. Bon.
Dernière édition par Barnabé le Jeu 24 Juil - 6:58:55, édité 2 fois

Barnabé- Animator
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Re: Permaculture
Salut Barnabé,
Peux-tu partager toi aussi tes connaissances un peu moins succintement ?
Voire nous conseiller des ouvrages francophones, car j'ai vraiment du mal avec l'anglais...
Merci !
Peux-tu partager toi aussi tes connaissances un peu moins succintement ?
Voire nous conseiller des ouvrages francophones, car j'ai vraiment du mal avec l'anglais...
Merci !

luxferrrare- Modérator
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Re: Permaculture
luxferrrare a écrit:Salut Barnabé,
Peux-tu partager toi aussi tes connaissances un peu moins succintement ?
Ben je trouve que c'est déjà bien d'arriver à comprendre ce qu'est la Permaculture. Comme je le disais, en France, on la ramène trop souvent à des techniques de jardinage.
Voici un article d'une personne qui a comparé d'un côté la permaculture moderne enseignée par le Design Certificate et les expériences internationales, et de l'autre une quinzaine de sites dits de Permaculture en France. http://www.geocities.com/nesdelaterre/article4.html
Je suis content de voir que ses impressions sont les mêmes que les miennes :
En France, la Permaculture est bien plus souvent vue comme un " ramassis cohérent " de techniques qui concernent le jardinage, la maison ou encore l'agriculture et la gestion de l'eau. Nous remercions vivement ceux qui cherchent chaque jour de nouvelles techniques " permaculturelles ", les mettent en mot, les pratiquent et les partagent. C'est vraiment génial. Mais il ne faut cependant pas perdre de vue que la Permaculture reste avant tout un outil de réflexion globale qui permet de repenser l'espace avant d'être, par exemple, une technique de jardinage.
Une autre façon de mesurer l'étendue du problème, c'est de comparer les pages anglophone et francophone de Wikipedia présentant la permaculture :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Permaculture
http://en.wikipedia.org/wiki/Permaculture
Même sans lire l'anglais, on voit que la première est pauvre et embryonnaire comparée à la deuxième.
En plus elle présente une idée complètement erronnée : Fukuoka serait "une origine revendiquée" de la permaculture, et Bill Molison et David Holmgren seraient seulement "une autre origine revendiquée". C'est n'importe quoi.
Fukuoka était probablement un génie visionnnaire et a eu une certaine influence sur un certain nombre de permaculturistes... Microbiologiste, il a eu un jour une véritable "révélation mystique" (il explique lui-même comment), expérience très japonaise d'une certaine façon, qui l'a conduit à ériger en principe le "Do Nothing" ("ne rien faire" ; c'est à dire laisser travailler la nature). Cela dit, sa méthode d'agriculture ne consiste pas exactement à ne rien faire, il recourrait largement à des plantes annuelles (riz notamment) qui nécessitent quand même du travail, et le nom de "natural farming" lui convient donc mieux.
Cela étant dit, la permaculture a été inventée par Molison et Holmgren, un point c'est tout. Ce sont eux qui ont inventé le mot et ont défini et conceptualisé cette méthode en écrivant des ouvrages fondateurs et en l'enseignant. Ce sont des scientifiques, étant l'un prof et l'autre thésard au moment de la rédaction du bouquin fondateur Permaculture One, qui était justement le texte de la thèse de Holmgren. Ils ont eux-même subi un certain nombre d'influences, et je ne sais pas quelle était l'importance exacte de Fukuoka parmi celle-ci, mais Holmgren cite Howard T. Odum comme sa principale influence, pas Fukuoka.
En tous cas, Fukuoka ne peut certainement être crédité d'être le co-inventeur de la permaculture, alors que Molison et Holgren seraient seulement "une autre origine" !
Par contre Fukuoka était une influence importante de Emilia Hazelip, qui a quasiment introduit la permaculture en France et a développé le concept de jardins synergétiques. Le fait qu'elle ait utilisé ce nom de jardins synérgétiques montre bien qu'elle était consciente de ne pas faire de la permaculture, mais plutôt sa synthèse personnelle entre Fukuoka, la permaculture et sans doutes d'autres influences.
On ne peut donc absolument pas écrire que Fukuoka est l'origine de la Permaculture. C'est faux, c'est trompeur, et c'est réducteur. Cette confusion entre Fukuoka et la permaculture est assez révélatrice d'une perception française tronquée et erronnée de la permaculture.
Tu me demandes de partager mes connaissance sur la permaculturre. Or, je ne vais pas essayer d'enseigner la méthode d'analyse et de design "Permaculture" au travers de posts sur ce forum. D'une part je ne pense pas être assez compétent (mon Certificate Design date un peu et n'est d'ailleurs pas un diplôme suffisant pour enseigner la Permaculture), et d'autre part je ne pense pas qu'on peut faire passer cela en quelques dizaines de lignes sur un forum. Je pense que la participation à un 72 h Permaculture Design Certificate Course est un minimum indispensable pour commencer à comprendre la permaculture. Non seulement on reçoit quand même une quantité d'infos qui nécessiteraient des dizaines de pages pour être retranscrites et ne sont donc pas du tout à leur place sur un forum, mais de plus la synergie qui se crée dans une équipe comportant un ou deux formateur(s) et des stagiaires apporte des choses qui ne sont pas dans un bouquin ou sur internet.
L'article indiqué ci-dessous indique le formateur chez qui l'auteure a fait le stage, et elle semble en penser le plus grand bien. Probablement une bonne adresse pour un stage en français ?

Barnabé- Animator
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Re: Permaculture
Yo,
Une mine d'or à propos de permaculture: Humanitute
Allez faire un tour en bas de page dans les docs PDF....
Petrus.
Une mine d'or à propos de permaculture: Humanitute
Allez faire un tour en bas de page dans les docs PDF....
Petrus.

Petrus16- Membre Premium
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Urban Permaculture, Guerilla Gardening
Un petit livret m'a paru assez intéressant pour pouvoir en parler sur le forum :
"Urban Permaculture, Guerilla Gardening".
En une trentaine de pages proposant de nombreux schémas, l'ensemble passe en revue une bonne quantité d'informations permettant d'aborder en douceur la permaculture pour les "urbains".
Sommaire :





Bonne lecture
"Urban Permaculture, Guerilla Gardening".
En une trentaine de pages proposant de nombreux schémas, l'ensemble passe en revue une bonne quantité d'informations permettant d'aborder en douceur la permaculture pour les "urbains".
Sommaire :





Bonne lecture

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Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d'Hommes capables d'imaginer ce qui n'a jamais existé.
JFKennedy
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tarsonis- Modérator
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