Survivre aux violences conjugales

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Survivre aux violences conjugales

Message par hildegarde le Mar 22 Nov - 13:27:04

Une femme sur 10 est victime de violences conjugales. C’est énorme !

Le sujet est de moins en moins tabou et pourtant, beaucoup de personnes qui n’y sont pas confrontées pensent qu’une femme (ou un homme parce que cela arrive aussi) qui ne quitte pas son conjoint dans ce cas, est consentante à ce type d’agression.
Or, il faut savoir que la femme victime de violence conjugale est soumise, à la fois à l’emprise de son conjoint, et, surtout, à son propre sentiment de culpabilité.

Beaucoup d’entre elles ne peuvent en parler, par sentiment de culpabilité, ou bien souvent parce qu’elles sont isolées socialement ou familialement. Même sans être physique, cet isolement peut être moral, parce la victime aura peur d’être mal jugée.

Même lorsqu’elle fait appelle aux services sociaux capables de l’aider (appel au 3919), ceux-ci, bien que très compétents, ne peuvent remplacer sa propre volonté, et il est parfois bien difficile pour une victime de se défaire de l’aliénation qui la lie à son conjoint.
Réussir à sortir de ce schéma demande énormément d’énergie et de volonté.
.







Ce qui différencie les violences conjugales d'un conflit ou d'une dispute de couple (pouvant aussi être violente) réside dans leur caractère cyclique alors qu'un conflit se traduit par des évènements ponctuels. On parle en effet du cycle des violences conjugales qui comporte quatre phases.


1. La première phase est l'accumulation des tensions. C'est un moment où les tensions sont palpables et où la femme victime de violence sait qu'une crise est imminente.
Elle essaie tant bien que mal "d'arrondir les angles" afin que celle-ci n'ait pas lieu."Au début, il y a un couple, tout va bien. Puis petit à petit, s'installe la tension dans la maison. Sous prétexte que la salière est mal placée, que les enfants le fatiguent, qu'elle a pris trois minutes de plus que d'ordinaire pour rentrer du travail, qu'elle démontre trop de plaisir en compagnie de…, surcroît de travail, alcool, stress, chômage, maladie… le prétexte devient déclencheur." (Viviane MONNIER)

2. La seconde phase est la crise de violence en elle-même. Il s'agit ici d'un épisode de violence verbale, physique, ou sexuelle. Dans cette phase, les sentiments d'une femme victime de violences sont la peur et la terreur.

3. La troisième phase est la déresponsabilisation. L'agresseur se déresponsabilise de son acte de violence en culpabilisant sa victime et en la rendant responsable. Une personne victime de violences finit par croire qu'elle est la cause de ce qui se passe, voire même qu'elle a mérité cette agression. Dans cette phase, la honte et la culpabilité cohabitent.

4. La quatrième phase est la lune de miel. Dans cette phase l'agresseur s'excuse pour son acte de violences et promet de ne plus recommencer. La peur fait alors place à l'espoir. En effet, le couple peut recommencer à faire de nouveaux projets et la femme retrouve son conjoint tel qu'elle l'a connu au début de leur relation.




Si vous êtes victime de violence conjugale, N'HESITEZ PAS A CONTACTER LE 3919 . Un organisme très compétent qui saura vous écouter et vous mettre en rapport, si telle est votre demande, avec des structures d’aides près de chez vous.

Si vous êtes témoin ou qu’une personne victime de violence conjugale se confie à vous, soyez présent pour elle, sans jugements ni conseils sur la conduite à tenir, si ce n’est de l’inciter vivement à contacter le 3919, et soutenez là, quoiqu’elle décide, car c’est de ce soutien qu’elle pourra tirer l’énergie nécessaire pour se sortir de cette situation, à court, moyen ou long terme.


Source : http://www.violencesconjugales5962.fr/violences-conjugales/cycle-violences.html

Très bon site sur le sujet : http://www.sosfemmes.com/violences/violences_cycles.htm

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Re: Survivre aux violences conjugales

Message par Johann le Mar 22 Nov - 19:44:12

(...) soyez présent pour elle, sans jugements ni conseils sur la conduite à tenir, si ce n’est de l’inciter vivement à contacter le 3919, et soutenez là, quoiqu’elle décide, car
c’est de ce soutien qu’elle pourra tirer l’énergie nécessaire pour se
sortir de cette situation, à court, moyen ou long terme.


Ça m'est arrivé deux fois en peu de temps d'assister à distance, une fois en tant surtout qu'oreille et dans un autre cas en tant que support "logistique".

Dans le premier cas, j'étais déjà assez proche de la personne, on parlait déjà de manière très personnelle, mais quand j'ai appris la réalité de la chose, j'ai cherché ce que je pouvais faire, physiquement, rien, cramer le forfait téléphonique, oui! C'est ce que j'ai fait... Dans les mesures possibles, après, je souhaite que les choix, que je n'ai pas à juger, de la personne seront judicieux.

Dans le second cas, quelqu'un que je connaissais peu mais avec laquelle je m'entendais déjà bien m'appelle un beau matin pluvieux dans le bruit et la poussière du chantier, d'un coté la nana, de l'autre, les gars à gérer, le chantier (rénovation + agrandissement) en démarrage, les commerciaux et fournisseurs... Folklorique...
Elle avait passé la nuit dehors, apeurée et m'appelait, moi, le seul 'neutre' de sa connaissance qui pouvait quelque chose pour elle, j'étais à plus de 500 bornes, ben, j'ai demandé à quelqu'un de confiance de l'emmener se réchauffer, manger un bout et la loger pour la nuit, le temps de se poser un peu. En l'occurrence, ce n'était pas le mari qui était en cause mais elle avait quand même une très grosse pression psychologique.

Dans les deux cas, de l'amélioration s'est faite sentir et même sans ça, si c'était à refaire, je le referai... Même si ce n'est pas agréable, c'est ce qu'il faut faire, comme bosser sur un chantier, c'est souvent bruyant, y'a pas de gonzesse, mais j'aime, c'est terrible.

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Re: Survivre aux violences conjugales

Message par serilynpayne le Mer 23 Nov - 0:16:59

fais toi quelques années de pompier volontaire , et tu vas en voir !!
malheureusement , malgré l'implication initiale , y'a peu de suites , et ça m'est arrivé plusieurs fois de faire les mêmes , des fois dans la même semaine !!

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cito, longe, tarde

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Re: Survivre aux violences conjugales

Message par hildegarde le Mer 23 Nov - 8:59:09

serilynpayne a écrit:fais toi quelques années de pompier volontaire , et tu vas en voir !!
malheureusement , malgré l'implication initiale , y'a peu de suites , et ça m'est arrivé plusieurs fois de faire les mêmes , des fois dans la même semaine !!


d'où l'importance d'un soutien sur le long terme.

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Re: Survivre aux violences conjugales

Message par hildegarde le Mer 23 Nov - 13:57:01

pour répondre a une objection qu'on m'a soumise par MP, je précise que soutenir et accompagner une victime de violences conjugales, ne veut pas dire la guider et décider à sa place de ce qu'elle doit faire.
Il faut que la volonté de s'en sortir vienne d'elle même, car sinon, effectivement, ce n'est pour elle que passer d'une dépendance à une autre.

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Re: Survivre aux violences conjugales

Message par Johann le Mer 23 Nov - 18:57:16

Ben, ce soir, j'étais au téléphone avec le mec du second cas...

Pour causer de violences conjugales subies par lui...

Comme dans le cas de sa nana qui s'était pris la tête durablement avec la belle-doche, là, c'est lui qui subit trop sa femme, il va certainement porter plainte, donc, oui, il y a des fois l'autre sens...

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Re: Survivre aux violences conjugales

Message par hildegarde le Mer 23 Nov - 19:24:55

oui, c'est aussi innadmissible dans un sens comme dans l'autre. c'est aussi d'autant plus difficile pour un homme, que cela doit être difficile pour lui, a cause de l'image masculine, virile et tout ça, de faire etat de ce genre de chose.
On parle plus souvent de violences faites aux femmes car ce sont plus souvent elles qui meurent sous les coups de leurs conjoints violents, question de force physique, mais il faut avant tout parler de violences conjugales. et tout faire pour soutenir les victimes, homme ou femme.

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Pour mieux comprendre la problématique des violences conjugales

Message par hildegarde le Lun 30 Avr - 17:11:46



un super site canadien qui explique bien tout ce qu'il faut savoir sur les violences conjugales, pour bien comprendre ces situations complexes.


Trousse média pour comprendre les violences conjugales


Et un autre, français, qui donne des pistes aux travailleurs sociaux pour aider les victimes à s'en sortir

Pourquoi les victimes ne portent-elles pas plainte rapidement ?

La violence conjugale procède par phases : la déconsidération, les coups, l’explication des coups, la déresponsabilisation « Je ne suis pas responsable. Tu as provoqué ma colère », les excuses et enfin la « Lune de miel ». La lune de miel est un état fantastique durant lequel la victime va retrouver l’autre tel qu’elle l’avait imaginé quand elle l’a choisi comme partenaire.


La culpabilisation de la victime provoque chez elle une incapacité à réagir, comme elle se sens coupable elle fera tout pour "arranger les choses" et protéger son agresseur en gardant le silence.

Existe-t-il un « profil type » des femmes qui subissent de la violence ?

Non, les femmes de tous milieux culturels, intellectuels ou économiques sont touchées. Cette violence est encouragée par l’oppression sociale des femmes, amplifiée par l’inégalité et la dépendance économique. Bien entendu, une femme dévalorisée ou battue dans son enfance aura moins de ressources pour se défendre qu’une femme avec une personnalité bien construite.


L'isolement social, bien souvent orchestré par l'agresseur, est un facteur déclenchant et aggravant.


Quand la victime commence-t-elle à rejeter la violence ?

Lorsqu’elle vient nous rencontrer au planning, la victime parle de ce qu’elle vit aujourd’hui. Si nous l’aidons à réaliser un flash-back, elle prend conscience que la violence existe depuis longtemps. Elle a commencé souvent très vite, mais la victime ne le réalise que quand cela devient insupportable. Chaque victime à son propre seuil de tolérance. Lorsqu’elle ne trouve plus de justifications ou « d’excuses », elle commence à réagir.



le premier pas qu'une victime doit faire, c'est de prendre conseils auprès du 3919, si vous souhaitez aider une victime, inciter la à faire cette demarche, aider la également de façon bienveillante à prendre conscience de la situation, tout en ayant à l'esprit que cette prise de conscience peut être longue a venir.


Un parcours très long :
Une fois que la parole a été libérée, les professionnels de l’écoute vont amener la femme à se défaire de sa culpabilité. L’appel lui permet d’entendre un point de vue extérieur qui va lui proposer des solutions : porter plainte, intégrer un groupe de parole, se confier à un proche, vivre dans une structure d’hébergement…

Le parcours pour sortir du cycle de la violence est long. Il est semé de va-et-vient. Dans un premier temps, toutes les femmes qui quittent le domicile conjugal y retournent. L’homme à ce moment-là promet que la violence ne se produira plus, offre des preuves d’amour. Les médecins ou travailleurs sociaux qui ne sont pas sensibilisés ou formés à ce problème peuvent finir par dire : « Je l’ai aidée une fois, elle est retournée chez lui, tant pis pour elle ». Il est donc indispensable de savoir que le parcours sera long et chaotique.



Le parcours pour s'en sortir est d'autant plus difficile que les acteurs (comme les gendarmes par exemple) tendent à minimisé les faits et n'interviennent qu'en cas de coups et blessures, une victime qui parvient à quitter son agresseur est souvent victime de harcèlement par la suite, mais ce harcèlement n'est pas vraiment reconnu dans la mesure ou les preuves sont difficiles à produire (impossible de prouver une conversation téléphonique, une violation de domicile, si aucunes preuves matérielles n'existent) il est donc indispensable pour la victime de mettre beaucoup de distance entre elle et son agresseur, ainsi que de trouver du soutien et de la protection dans son entourage.



Quelle est la réponse judiciaire ?

La loi de 1992, appliquée en 1994, fait de la violence conjugale un délit pénal avec circonstances aggravantes 2 . C’est important que la société pose des limites. Il reste des progrès à faire. Aujourd’hui, la justice condamne la personne violente en fonction des preuves et de la répétition des preuves. Il faut plusieurs plaintes et de nombreux certificats médicaux pour que la justice intervienne. De plus en plus, les juges proposent de la médiation, dès la troisième plainte, afin que le couple puisse trouver un terrain d’entente. Pour le planning familial, la médiation en cas de violence conjugale n’est pas la bonne mesure. Elle met au même niveau la victime et son agresseur. On ne peut pas faire l’économie de nommer un agresseur pour que la femme puisse se reconstruire.



là est le paradoxe, car il est difficile pour la victime de se reconstruire sans avoir la reconnaissance de son statut de victime mais elle ne peut faire reconnaitre son statut de victime autrement qu'en initiant une procédure judiciaire, longue et déstabilisante, parfois perdue d'avance par manque d'abondance de preuves , procédure d'autant plus déstructurante, qu'elle maintient un lien entre la victime et l'agresseur pendant plusieurs années, et l'empêchera de se reconstruire.


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